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Un port en mouvement

Le point de vue de Hélène Maille

Nous prévoyons 90 % de valorisation et 10 % d'évacuation vers les filières de traitement

Interview de Hélène Maille, Directrice de projet Bartin Recycling, Veolia

 

LVM : l'ex Jeanne d'Arc est désormais à quai à Bassens. Comment se déroule le début des opérations de déconstruction ?

L’ex Jeanne d’Arc est à Bassens depuis le 14 octobre, et nous préparons actuellement l'ensemble du chantier. Dès son arrivée, le navire a été stabilisé par les lamaneurs du port, et une passerelle a été installée pour y accéder. Le navire a été sécurisé avec la mise en place de barrières de sécurité le long des coursives, des ponts, et la consolidation des escaliers. L’accès à bord est interdit à toute personne non habilitée, et la zone de chantier est délimitée par des barrières solidaires les unes des autres. L’accès est soumis à autorisation avec obligation du port des Équipements de Protection Individuelle (EPI), signalée à l’entrée du chantier. C'est dans cette zone qu'est installée la base vie de Petrofer, société spécialisée dans le désamiantage. À l’extérieur de la zone, stationnement et flux de circulation (piéton, véhicules) ont également été délimités précisément. Les travaux sont prévus sur 32 mois, avec pour chacun des deux navires Q860 (ex Jeanne d'Arc) et Q863 (ex Colbert) 10 mois pour la dépollution et 6 mois en forme pour la déconstruction.

 

LVM : comment s'organisent les travaux de valorisation et de traitement des déchets ?

Nous prévoyons 90 % de valorisation (ferrailles, métaux non ferreux, DEEE*, bois..) et 10 % d'évacuation vers les filières de traitement (déchets non valorisables, amiante, déchets dangereux). Les éléments métalliques/ferreux issus des opérations de déconstruction seront travaillés sur site pour correspondre aux standards de qualité des entreprises sidérurgiques. La préparation de la ferraille s’effectue en parallèle des opérations de déconstruction : les éléments déconstruits sont déposés sur la dalle adjacente à la forme de radoub, puis préparés et déplacés sur l’aire de stockage des ferrailles. Elles seront ensuite évacuées par voie maritime depuis les quais de Bassens. Lors du démantèlement, les éléments contenant des métaux non ferreux (aluminium, cuivre, inox…) seront isolés et triés pour obtenir la meilleure valeur marchande. Ils seront évacués vers le centre de transit Bartin à Bègles pour y être préparés et conditionnés en vue de leur valorisation en fonderie. De leur côté les Déchets d’Equipements Electriques et Electroniques (DEEE), stockés dans un premier temps dans des conteneurs appropriés, seront ensuite évacués vers un centre de traitement situé à Angers dans le cadre d'une réglementation spécifique. Les déchets banals retirés des coques seront évacués vers les différents centres de traitement Veolia de la région, en particulier à Bègles où les équipements permettent de trier, préparer et conditionner en vue de leur recyclage les déchets carton, papier, plastique, bois, déchets inertes et gravats, ferrailles et métaux.

La fraction non valorisable sera orientée vers l’installation de stockage des déchets non dangereux de Veolia à Lapouyade (33). Les déchets dangereux tels que les déchets amiantés seront enfermés dans un emballage étanche et étiqueté. Ainsi conditionnés ils seront acheminés vers les centres d’élimination autorisés et feront l’objet de l’établissement de Bordereaux de Suivi de Déchets contenant de l’Amiante (BSDA). En fonction de leur typologie, les autres déchets dangereux
seront gérés soit directement par Bartin Recycling soit principalement par SARP Industries, filiale spécialisée de Veolia, et son centre de traitement de déchets dangereux (SIAP Bassens). Le suivi de chaque expédition est assuré par documents papiers et informatiques. Il permet la traçabilité de la gestion des déchets depuis leur zone de production jusqu’à leur élimination.

 

LVM : les opérations de déconstruction/valorisation de navires civils et militaires au port de Bordeaux confirment l'importance de cette filière industrielle : quels sont les enjeux de son développement ?

Ce marché de la déconstruction/valorisation est un secteur dynamique. Plusieurs facteurs contribuent à cela comme la fin de cycle programmée pour de nombreuses installations industrielles d'ici une dizaine d'années ou encore le durcissement des normes environnementales. Veolia maîtrise l’ensemble de la chaîne d’expertises : du démantèlement au traitement des pollutions les plus difficiles à la valorisation matière, et exerce son activité sur différents types d’infrastructures telles que les plateformes pétrolières, les centrales au charbon, les raffineries et sites d’industrie lourde en Europe, aux USA et en Australie et bien sûr les navires, trains, avions (civils ou militaires). Avec un chiffre d’affaires de 100 millions d'euros par an, notre groupe s'est fixé un objectif de 500 millions à 1 milliard d’euros à l’horizon 2020.

* DEEE : Déchets d’Equipements Electriques et Electroniques